Non un webdesigner n’est pas un graphiste (pas que !)

Le titre est explicite je crois, un petit billet d’humeur pour expliquer ce qu’est le métier de webdesigner si mal connu finalement pour qu’on vous sorte des clichés du graphiste qui fait du web, ou alors vous coller une étiquette de webdesigner par ce que faite vaguement des maquettes pour des sites, par ce que c’est la mode en ce moment. Mais d’où tu parles comme il dise dans les médias… Je parle d’une année riche consacrée à ma VAE (Valorisation des Acquis par l’Expérience) pour obtenir une licence de webdesigner, je parle comme membre de jury délivrant une certification de webdesigner au Greta, je parle après avoir pratiqué ce beau métier depuis plus de dix ans. Je me permet donc d’expliquer à mes jeunes collègues et moins jeunes ma vision du métier. Mais comme un schéma vaut mieux qu’un grand discours, voici ma vision du métier…webdesigner C’est vrai que c’est un peu agaçant ce manque de (re)connaissance pour un métier, qui est essentiel dans la chaîne de production du web. Mais bon expliquons les choses et tentons de comprendre pourquoi tant d’ignorance. Je pense que le web est jeune est la culture web n’est pas encore comprise et je parle de façon général. Le feed-back qui remonte de mes collègues formateurs et assez éclairant, il sera long le chemin pour éduquer le vulgum pecus, mais nécessaire car notre métier se réinvente en permanence. Aussi labile qu’il soit, il faut faire reconnaître les compétences des webdesigner et combattre l’ignorance qui amène souvent son cortège d’idées reçues. Le web d’ailleurs n’est pas en reste pour continuer de véhiculer cette image d’épinal de l’artiste avec ses pinceaux et sa palette de couleurs.

Mais le salut viendra des nouvelles générations même si l’ambiguité persiste car aujourd’hui on demande à des graphistes fraîchement moulu de faire des sites internet et là je pense que c’est une hérésie, si j’en crois mes récentes expériences. On ne peut réellement ce contenter de dégainer Photoshop pour sortir du beau design sans savoir ce que l’on fait ou faire une réponse à la Pons Pilate sur les côtés technique du design, en ce disant que les techniciens trouverons bien une solution. Cette vision binaire artistique versus technique n’est plus recevable en cet fin 2017. Si on n’est pas certain de ce que l’on fait on s’abstiendra de jouer les apprentis sorciers. Il n’y a guère que dans notre métier ou l’on se permet de jouer avec le feu. On n’imaginerai pas un designer automobile dessiner une voiture sans connaître les contraintes techniques, de même pour un  architecte. Mais ça c’est sans doute parce que bon nombre de graphistes notamment n’ont pas bien intégré le fait que le web c’est avant tout un outil et le design vient bien loin derrière, après la mécanique, après l’UX. Et j’entends comme une voix qui me dit, mais c’est essentiel que le site soit beau. Un beau site c’est un cadeau que l’on se fait avant tout a soi-même.

Passer les premières secondes devant un webdesign ou l’émotionnel parle et chacun va témoigner de son ressenti, on n’est très vite sur des sujets pratiques. Le site étant un outil au service de l’utilisateur. J’aime bien prendre l’analogie avec un véhicule car les choses sont plus simples. Si j’achète un voiture, il convient qu’elle m’emmène du point A au point B, la priorité étant que je dispose de la mobilité que me procure le moteur, premier point donc, ensuite je dois pouvoir conduire ce  véhicule et pour ce faire je dois disposer de commandes ergonomiques, un volant rond de préférence pas carré ou triangulaire parce que c’est beau, des pédales bien espacées pour ne pas freiner et accélérer simultanément, ici intervient l’UX. Là je suis déjà presque entièrement satisfait et si cerise sur le gâteau on me dit que la voiture peut ressembler à autre chose qu’a une brique sur roue, là je dis merci au designer. Le marché de l’auto étant concurrentiel on poussera les curseurs émotionnels pour me séduire par des lignes et des couleurs qui me feront oublier qu’une voiture est faite pour rouler d’abord. On en oublie la fonction première car c’est implicite dans l’achat d’un véhicule, tout comme l’ergonomie d’ailleurs et bien c’est là même chose pour un site ou une application web.

Heureusement, les sachants rappellent ce fait dans les programmes et les cours pour l’obtention du diplôme de webdesigner et là les choses sont très claires dans les universités sur ce qu’on demande comme compétences. Connaître le design est un pré requis qui n’a de sens qu’a travers les apprentissages de l’UX (Expérience Utilisateur) le tout passé au tamis des contraintes techniques (responsive design, performance web,  SEO, CSS…). Une fois tous ces éléments avalés et digérés on est en mesure de comprendre et d’appréhender le métier et ainsi devenir le maillon indispensable afin de pouvoir communiquer avec les chefs de projets, les intégrateurs et les développeurs, car là aussi le graphiste peut se retrouver vite isolé si il ne dispose pas du vocabulaire commun utilisé dans le web et aura tôt fait de se débarrasser du graphisme ne sachant quoi en faire, la démarche ne sera pas très productive ni fructueuse, renforçant les antagonismes entre les artistes du web et les techniciens.

Je sens que le fossé se creuse entre ceux venus du print avançant sur le web comme sur la glace trop fine d’un lac gelé, et risquant de s’y noyer. Les commanditaires seraient avisés de faire appellent à des professionnels et ne pas sortir leur graphiste maison du chapeau, effrayé comme un lapin dans les phares de prendre en main un dossier dont il ne voudra pas comprendre les tenants et les aboutissants techniques. Car oui, webdesigner c’est un métier et qui n’a plus grand chose a voir avec celui de graphiste qu’on se le dise.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer



Laissez un commentaire